Mars
24
2010

Regard sur les nouvelles villégiatures gay-friendly
24 Mars 2010
par Rédaction

Regard sur les nouvelles villégiatures gay-friendly

Le Népal, destination gay friendly par ambition politique

Le Népal se positionne sur ce créneau depuis 2008 et a relancé il y a peu sa communication. Le gouvernement désire que le Népal soit la destination privilégiée des gays « just married » et les invite vivement à gravir l’Himalaya pendant leur lune de miel au sommet du monde. Sportifs bienvenus. Riches occidentaux gays et lesbiens également. En effet le Népal réécrit sa constitution et la teinte aux couleurs de l’arc-en-ciel dans un but surement plus lucratif que humaniste. Et ça marche : en 2009, le tourisme homosexuel a rapporté près de 350 millions de dollars pour 500 milles visiteurs. Et le gouvernement népalais n’arrête pas ses ambitions là : il compte doubler ce nombre en 2010.

Les ambitions sont désormais de passer de tourisme sac à dos à un tourisme plus luxueux en directe relation avec les touristes gays et leurs moyens. Le chantre du tourisme gay au Népal, le député Sunil Pant, fondateur de Pink Mountain, a de belles idées : mariage au camp de base, safari à dos d’éléphant… on est loin de sejour derniere minute traditionnel, en effet tout est pensé pour créer des ressources tant en terme d’emploi que de finances.

Le Népal séduit aussi la communauté homosexuelle dans un large rayon étant donné les politiques répressives des pays limitrophes. Comptant aujourd’hui 200 000 personnes, les homosexuels représentent une communauté puissante que les partis politiques comptent bien soigner. Mais c’est en fait une identité LGBT qui est élaborée: l’Etat édite ainsi des cartes d’identité totalement inédites avec le choix très ouvert de « troisième sexe ». Dans le même mouvement, le Parlement élabore un texte légalisant le mariage entre personnes du même sexe. Pour autant, les aspirants au mariage gay pourront toujours se marier sur le toit du Monde pour le fun mais pas légalement… La ratification des textes devrait avoir lieu au courant de 2010 et ferait ainsi du Népal la villégiature la plus gay-friendly de toute l’Asie du Sud Est.

Mais il faudra du temps pour que le Népal soit aussi accueillant que Montréal, San Francisco ou Sydney pour les amateurs d’homotourisme. Ainsi, partir en couple gay ou lesbien au Népal oui mais s’embrasser ouvertement dans la rue, peut-être pas, il y a encore quelques années, les homosexuels étaient battus ou torturés…

La Chine s’ouvre à la communauté LGBT

Cependant, une autre ville se détache actuellement en Asie : Shanghai. Capitale gay de la Chine, Shanghai est vécue comme une ville accueillante par la communauté homosexuelle. Contrairement aux provinces où il y a une pression forte, à Shanghai il est possible d’avoir une famille, un compagnon établi. Dans ses bars et ses salles de danse, les week-ends sont l’occasion pour les « camarades» de se retrouver. Kenneth Tan, porte parole du Shanghai LGBT propose même des rencontres gay et lesbiennes ayant pour but de proposer une alternative au mariage traditionnel.

La Chine se livre à des comportements manichéens en terme d’acceptation ostentatoire des relations LGBT ou au contraire de refus traditionaliste répressif. Rappelons que l’homosexualité était encore considérée comme une déviance mentale il y a moins de dix ans.

Pour autant, le changement est en marche : en juin dernier la première gay pride chinoise a eu lieu à Shanghai. Un bar gay s’est ouvert à Dali, dans le Sud Ouest du pays, avec l’accord et le soutien des autorités. Mais, un concours de beauté gay n’a pu avoir eu lieu à Pékin en janvier, annulé par la police. Si les choses évoluent, il faudra encore du temps pour faire avancer les mœurs, surtout à cause de la pression consistant à perpétuer la famille. Dans un pays où être sans filiation est une insulte, il faudra bien du temps pour dépasser les doubles vies. D’autant plus que les campagnes et petites villes n’entrent pas en ligne de compte dans les statistiques annonçant 30 millions de gays et lesbiennes.

Mais le problème sous jacent reste la transmission du VIH entre gays puis à leurs femmes légales.

Écris par Lisa Tremblay

Voyager gay à...
veuillez choisir un lieu
Publicité
Publicité