Juil
28
2009

Interview : Suriani égaye la rue
28 Juil 2009
par Bastien Bluzet

Interview : Suriani égaye la rue

Suriani est un street artiste qui nous arrive du Brésil. Installé à Paris depuis 2007, l'artiste égaye les paysages urbains grâce à ces collages chamarés. Après avoir parlé de ses précédents travaux sur notre site, nous avons décidé de prendre contact avec lui pour savoir qui se cachait derrière ces collages gay friendly et quel était le message derrière ces drag queens sur les murs de la capitale.

myGayTrip : Que signifie votre nom d’artiste ?

Suriani :Suriani est mon nom de famille. Mes grands parents du coté de mon père était syriens.

mGT : Depuis quand avez-vous commencé le street art ?

S :J'ai commencé quand j'étais étudiant en architecture à l'Université de Sao Paulo. Je m'intéressait à tout art dans l'espace publique au moment ou on a vécu un boom dans la scène graffiti. J'ai accompagné des potes graffeurs mais la bombe n'était pas trop mon truc, je préfère les pinceaux.. Je me suis mis, donc,à fabriquer des affiches et à les coller partout, depuis je n'ai pas arrêté!


mGT : Quelles sont vos inspirations et vos références ?

S : Je m'inspire de tout ce que je vois. Les cultures urbaines (rock, hip-hop, street culture en général), la mode et le cinéma mais aussi des mythes, les légendes... En France j'ai découvert le burlesque qui rejoint pour moi un peu l'esprit festif du carnaval brésilien.... Dans l'histoire de la peinture, c'est difficile de choisir des artistes précis mais j'aime les arts premiers, la renaissance italienne , l'expressionnisme, le pop art et en particulier tout ce que se fait dans la rue ! Oui, ça fait un beau mélange tout ça!

mGTComment créez-vous vos œuvres ? Par quels procédés ?

S :D'abord je peins les personnages sur papier grand format avec de la peinture acrylique. Ensuite je découpe les silhouettes et je les colle sur les murs avec de la colle à papier peint. Cette technique de collage urbain est connue comme paste-up ou wheatpaste, car on peut fabriquer cette colle avec de la farine de blé, au Brésil je faisait comme ça...


mGT : Pourquoi avoir choisi les drags queens de Ru Paul et Conchita Wurst comme modèles pour vos dernières œuvres ?  Est-ce un choix purement artistique ou y-a-t-il un message derrière ?

S : J'ai toujours été fasciné par les drags queens. A Sao Paulo, j'ai découvert la scène gay underground au début des années 2000 et je croisait souvent dans les clubs ces immenses personnages presque magiques, drôles, qui sont les drag queens. Rupaul et Conchita Wurst sont en train d'amener cet univers au grand public avec un message d'acceptation de la diversité. Leur message est très important dans le contexte actuel, quand on voit une certaine montée d'intégrismes religieux et des ideologies conservatrices. Je me suis dit que c'était le moment de contribuer à la diffusion de cet esprit de liberté, et je le fait en rendant hommage à ces artistes...

mGT : Selon vous quel est la meilleure ville pour faire du street art ?

S : A Paris les collages ne durent pas très longtemps grace à l'efficacité du service de "nettoyage urbain". La vie d'un collage est beaucoup plus courte par ici... Pour moi Sao Paulo, ou les villes d'Amérique latine en général, restent le meilleur terrain de jeu pour les street artistes. Là-bas il y a beaucoup de quartiers industriels ou délaissés, et le street art est considéré comme une façon d'égayer les rues. L'art de rue s'est  beaucoup développé et est devenue partie intégrante des grandes villes, un composant important de la culture locale!

Un grand Merci à Surianii d'avoir répondu à nos question.

Retrouvez les photos de Suriani sur son compte Flickr

Ci-dessous quelques unes des dernières créations de l'artiste :


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