Sept
21
2013

Cannes over the rainbow
21 Sept 2013
par Fred Maurice / TÊTU

Cannes over the rainbow

Partout dans le monde, Cannes est synonyme de palmiers, de classe made in France et de… cinéma. Année après année, le célébrissime festival de Cannes prouve aussi qu’en plus d’être le plus prestigieux événement du monde du cinéma, il est aussi l’un des plus ouverts à la cause homo. Un coup d’œil au palmarès des cinéastes gay ou gay-friendly suffit à le prouver : Almodovar, Gus Van Sant, Ang Lee, Téchiné, Ozon…

Mais l’acceptation de l’homosexualité ne s’arrête pas aux marches du Palais. Si la réputation de la ville de vieux et de nantis n’est pas usurpée, il reste vrai qu’il fait bon vivre pour les homos à Cannes. Et ça ne date pas d’hier. «De 1960 à 1978, Cannes était féerique. Dans une France réac, on y vivait notre homosexualité au grand jour, dans la fête et l’insouciance», se souvient, nostalgique, Louis-Raphaël, 77 ans. L’endroit a de quoi jouer les petits San Francisco. La quintessence de la Côte d’Azur: du soleil la majeure partie de l’année, des kilomètres de sable fin, une concentration inégalée en province d’enseignes à la mode, des nuits chaudes l’été, une destination prisée des fashionistas, le look très métrosexuel du Cannois type, des quartiers comme le Carré d’or, le Suquet ou Gambetta qui rappellent le Marais parisien et des événements (Festival, MipTV, Midem…) qui drainent toute la planète.

Deuxième ville de congrès de France après Paris, Cannes est un kaléidoscope cosmopolite où les gays ont toute leur place. Jean Marais y a rendu l’âme. Michou y passe tous ses étés. Emmanuel Blanc, président de GayLib, y est conseiller municipal. Fred Goudon, le photographe du nu masculin, a les honneurs de la presse locale, et Thierry Ardisson se souvient d’avoir assisté au Zanzibar, l’institution gay cannoise, «à des scènes qui l’ont marqué pour la vie, des partouzes de garçons» (lire Têtu n° 142).

Cannes myGayTrip.com
La Coisette © Alexa

Pourtant Cannes semblait avoir perdu de son aura ces dernières années. Les établissements gays et lesbiens se sont réduits à une peau de chagrin, il n’y a pas de centre LGBT, aucune association… Il se murmurait même qu’on chassait les pédés à la Croix-des-Gardes, l’un des deux lieux de drague avec la plage de la Batterie. Alors que Nice, la capitale de la Côte, s’est largement déniaisée, à Cannes, «la vie gay locale s’est endormie», confirme le site Gay-sejour.com. La faute à l’embourgeoisement: Cannes se serait aseptisée. Paroxysme de cette dérive, en 2009, deux policiers municipaux avaient déposé plainte à l’encontre de leur hiérarchie qu’ils accusaient d’homophobie.

Le climat a incontestablement changé ces derniers mois. Sous l’impulsion des nouveaux gérants du Night qui s’est imposée comme la boîte gay et lesbienne, et du premier adjoint au maire David Lisnard, réputé gay-friendly, une cinquantaine d’établissements comme le célébrissime Carlton ont rallié «Cannes Rainbow», une charte qui garantit la bienvenue aux LGBT. «Aucune ville en France n’est allée aussi loin dans l’accueil des gays», salue l’International Gay And Lesbian Travel Association. En janvier, la municipalité est allée encore plus loin en devenant l’une des rares à droite à proposer la célébration des pacs en mairie. Cannes espère revivre son histoire d’amour avec les gays.

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