Mai
17
2013

Lara Fabian : «Depuis toujours je lève la bannière de la tolérance»
17 Mai 2013
par misterb&b

Lara Fabian : «Depuis toujours je lève la bannière de la tolérance»

L’interprète de «La différence», «Je t’aime», «Tout», ou «Adagio» nous raconte son nouvel album, «Le Secret», n°1 des ventes dès sa sortie. C’est une Lara Fabian apaisée qui vient vous parler d’amour, et de tolérance. Et comme il est toujours bon de prendre de la distance, la chanteuse nous confie ses destinations favorites, celles qui l’ont surprise, ou encore celles dont elle rêve.

 

Avez-vous été surprise de l’accueil réservé à votre album?
Lara Fabian: C’est magnifique. Oui, forcément j’ai été surprise, parce qu’on ne sait jamais comment va être reçu une déclaration comme celle du «Secret», qui est quand même assez dense, qui est riche et large.

Pourquoi avoir choisi « Deux ils deux elles » en premier single?
La chanson existe depuis 5 ou 6 ans. C’est Flavien Compagnon qui m’a fait découvrir cette mélodie. Au moment où je finissais l’album je l’ai appelé. Comme j’avais écrit «La différence» en 1997, je lui ai dit que ce serait peut-être bien de mettre la chanson dans l’album, que les gens avait besoin d’un baume de tolérance et de douceur. Il m’a dit « tu ne crois pas si bien dire ». J’étais à l’autre bout de la terre, je ne me rendais pas compte de ce qu’il se passait en France. La base existait et j’ai voulu en faire quelque chose plus de l’ordre de la tolérance, de la métaphore. C’est comme ça que «Deux ils deux elles» a pris cette couleur. Et vu les circonstances, on pensait que c’était juste de la sortir et surtout que j’étais totalement légitime à le faire. Depuis toujours je lève la bannière de la tolérance et de l’amour pour tous.

Pourquoi cet engagement ?
Mes proches. Et la communauté est très proche autour de moi.

Qu’est-ce qui vous lie à votre public gay ?
Mon public adhère au concept d’être tolérant, d’aimer, c’est tout. Le milieu homosexuel souffre énormément du tabou qu’il y  a autour de cette pseudo acceptation. C’est tout simplement pour ça, je crois. Ce qui intéresse les gens, c’est comment faire pour se sortir de ça sans violence.

Comment avez vous perçu le débat sur le mariage pour tous?
On est au moyen-âge, on porte atteinte à l’intégrité physique des êtres, mais où va-t-on ? Pour moi c’est terrible, je ne comprends pas. Enfin si, je comprends très bien le pourquoi du comment, mais aucun argument ne justifie la violence qu’il y a en ce moment selon moi, aucun.

Vous trouvez que les choses ont évolué depuis 1997 ?
Oui, sur certains plans, et sur d’autres, pas du tout. L’acceptation relève plus de l’image que de la réalité.

Que pensez vous de la situation des homosexuels en Russie ?
C’est très difficile, c’est très, très tendu. Je vois bien que c’est compliqué, mais ce sont mes convictions, mes opinions, point.

Pourquoi les chanteuses françaises marchent-elles si bien en Russie selon vous ?
Ils aiment le français. Depuis toujours le français correspond à l’époque des tsars, du faste, des Lumières, des étoiles. Pour eux, le français, c’est se reconnecter à cette période exceptionnelle. C’est pour ça, je crois, que Mylène Farmer, Patricia Kaas, ou moi-même avons cette chance de pouvoir s’expatrier au sens francophone du terme.

Pourquoi y-a-t-il un certain «désamour» de ces chanteuses en France ?
Par le public, pas du tout. Les médias, ce n’est pas le public. Je crois qu’il faut arriver à scinder, à rétablir la vérité.
Ce n’est pas parce qu’il y en a 4 qui ont légiféré là dessus, et qui ont créé une sorte de buzz caricatural sur moi qu’il faut faire un amalgame avec les êtres.  Les gens, eux, n’ont jamais manqué à mes côtés. Leur indéfectible soutien est évident, et on le voit encore aujourd’hui. Je suis n°1 des ventes, ce n’est pas les médias qui l’invente, c’est bien grâce au public. Il faut arrêter de sauter à pieds joints sur la « mal-aimée ». C’est même plutôt tout l’inverse, j’ai créé un tel amour, un tel fleuve d’enthousiasme, que, par jalousie, certains se sont acharnés.

Avez-vous été blessée par certaines réactions ?
A l’époque oui, mais aujourd’hui il y a jurisprudence. Presque 15 ans plus tard, j’ai tracé ma route, j’ai pris de la distance avec le tableau, et je vois que pour certains j’étais simplement un fond de commerce, pour d’autres une réaction épidermique, mais ça ne change rien à qui je suis.

Vous vous attendiez à certaines réactions négatives après les photos de vous, nues, parues dans Gala?
Là aussi, il faut faire attention. Deux personnes pour 90% de bons commentaires. Ce n’est pas parce que untel, doublé de sa copine, a envoyé deux tweets, qu’ils n’ont pas aimé, que cela reflète la réalité. Ils n’ont jamais autant vendu de Gala. Il y a de nouveau un délit de salle gueule, de la part de quelqu’un que je ne connais même pas et qui ne m’a jamais croisé de sa vie. La vérité, c’est que les gens ont dit que c’était très beau et que j’avais l’air bien, apaisée. Donc ça me fait doucement sourire. Je comprends, par contre, que certaines personnes s’interrogent sur le pourquoi.

Pourquoi, justement, l’avez vous fait?
Pour être le reflet d’un état d’âme, de qui je suis aujourd’hui, et parce que c’était une demande de cette rédaction. J’ai trouvé que l’idée était belle, et Hélène Renault est une photographe d’exception, une femme d’une douceur incroyable. Je savais que ça allait  être d’une grande élégance, et qu’on allait voir un apaisement réel, une image vraiment tendre, même si très sensuel…

Pouvez-vous nous parler du film « Mademoiselle Zhivago », inspiré de votre album du même nom ?
C’est l’histoire d’une femme qui vit la transhumance, la transcendance d’une âme et qui, de tragédie en tragédie concrétise la matière qu’il faut, les pensées qu’il faut pour transformer sa vie positivement. Mais avant tout c’est l’histoire d’une rencontre entre un compositeur russe et une chanteuse francophone, qui est devenue un film musical qui n’a pas vu le jour au moment ou il le devait parce que il y a eu beaucoup de controverse, de conflits entre son idéologie et la mienne. Aujourd’hui, cela reste esthétiquement un très joli travail. Et cette musique, très épique, qu’on a créée avec Igor Krutoj. Le film est facilement trouvable sur internet.

Le voyage le plus marquant ?
J’en ai trois. Le Brésil, qui a été une rencontre avec un peuple d’exception. Le Japon qui a été un vrai choc culturel au sens très positif du terme. Et le troisième, que je fais tout le temps, c’est celui sur ma terre, en Sicile, qui me ramène à l’essentiel de ce qui m’est précieux, de ce qui me rend heureuse.

Quelle est votre ville préférée ?
Florence m’a renversée. C’est un musée à ciel ouvert, c’est magnifique. J’adore la Réunion. J’aime Bruxelles, ma ville, parce que j’y suis bien. Et j’aime Montréal : le ciel y est haut, et la lumière intense.

Une ville idéale pour tomber amoureux ?
Ahah… non. Je pense qu’il y a un être idéal, qui pourrait rendre n’importe quelle ville propice à se sentir amoureux. Ça oui.

Une ville pour un voyage de noce ?
Certainement Positano, en Italie, qui est dans la coquille de la baie de Naples, c’est magnifique.

La ville que vous avez trouvé la plus gay friendly ?
Tel Aviv. Incroyable. Depuis toujours. En même temps je n’y vais que depuis 10 ans, mais vraiment, Tel Aviv est incroyable. J’y suis allée en plein milieu de la gay pride, c’était magique: qu’est-ce qu’on s’est amusé, c’était terrible !
Et San Francisco, of course.

Pourquoi Tel-Aviv ?
Ce sont des êtres très ouverts, malgré l’image, encore une fois donnée par maintes formules médiatiques. Peut-être que vivre des situations extrêmes permet de vivre les choses avec plus de distance, et un certain lâcher-prise.

En avion vous êtes plutôt couloir ou hublot ?
Couloir.

Un objet que vous amenez toujours en voyage?
Des photos de ma fille et de deux trois personnes que j’aime.

Un conseil pour bien voyager ?
Il faut vraiment avoir envie et besoin de découvrir l’endroit. C’est une prédisposition d’esprit. Comme ça on est garantit d’être nourri. Voyager léger est également important. Et savoir ce vers quoi l’on va culturellement pour pouvoir s’adapter plus facilement.

Un voyage qui vous fait rêver ?
Plein. Je rêve de voir l’Afrique noire que je n’ai jamais vue. Le Parc du Serengeti. Je rêve de retourner au Japon, pour voir la campagne. Non pas Tokyo, mais Osaka, entre terre et mer, le Fujiyama que je n’ai jamais vu. Et je rêve d’aller en Bretagne également, de pouvoir explorer ce coin que je connais mal: c’est splendide. Il y a aussi une partie de l’Italie, pays de ma maman, que je ne connais pas bien, entre la fin de la botte et Naples.

Votre prochain voyage ?
L’Azerbaïdjan, à Bakou. Et dans l’immédiat, Bruxelles, puisque je rentre.

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