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17
2014

Genève, Lausanne : y a le feu au lac !
17 Jan 2014
par Frédéric Maurice / TÊTU

Genève, Lausanne : y a le feu au lac !

Patrie du chocolat, des montres de luxe et du secret bancaire, la Suisse, tout du moins dans sa partie francophone, n’est pas connue comme un spot gay. C’est d’ailleurs à se demander si on ne confisque pas leur gaydar aux homos quand ils débarquent à Genève. Peu de looks excentriques, de regards insistants ou de drague au grand jour. Les Suisses romands seraient-ils tous hétéros ?

Un week-end sur les rives du lac Léman suffit à se convaincre du contraire. À Genève et à Lausanne, les rainbow flags pavoisent sans complexe. Les deux cités lacustres peuvent même s’enorgueillir de quartiers gays comme il n’en existe pas côté français dans les villes de même taille. À Genève, il s’appelle Les Pâquis. Entre la gare et le lac, un creuset populaire que les pédés partagent avec les tapins et les immigrés. À Lausanne, l’avenue de Tivoli, à l’ouest du centre-ville, est carrément surnommée « gay street », tant y pullulent les adresses homos. Le gay en goguette a peu de chance de s’y ennuyer. Ribambelle de bars à Genève. Surenchère de boîtes à Lausanne. Sans parler des sex-clubs, dont le plus grand sauna de Suisse, à Tivoli.

Mais ici, les homos ne font pas que festoyer. « Il y a au moins une association par canton », relève Philippe Scandolera de 360°, l’une des plus actives à Genève. Et on ne s’endort pas sur le « partenariat enregistré », l’équivalent du pacs, qui a été obtenu par votation, autrement dit l’un de ces référendums populaires qui rythment la vie helvète. Les associations qui ont déjà obtenu l’ouverture de salles de shoot pour usagers de drogue et la possibilité de procéder au dépistage du sida font bloc pour décrocher l’homoparentalité et l’adoption. Même si le canton de Genève est en proie à des tentations populistes, la communauté gay a bon espoir.

Genève gay
Photo Genève © Alexandre Roche / Têtu 

Car la liberté de mœurs fait ici partie du patrimoine au même titre que le gruyère ou la neutralité diplomatique. « Les Suisses sont tolérants à condition de se montrer discret. La sexualité fait partie de la sphère privée. On la respecte mais on n’en parle pas », analyse Christine Seuret, guide à Lausanne où une station de métro porte le nom du chorégraphe Maurice Béjart. Beaucoup y voient l’influence de la Réforme qui a fait de Genève la Rome protestante. Une religion réputée austère mais ouverte, progressiste.>

Terre d’accueil des réfugiés, Genève est devenue au 19e siècle un bastion de la diplomatie où siègent 22 institutions internationales et 250 ONG. Du coup, sa population est très cosmopolite et plutôt éclairée. Apparemment plus gay aussi. « Tu n’imagines pas le nombre de pédés qu’on croise à l’ONU ! », rit un connaisseur. « C’est une ville frontière qui n’est ni vraiment suisse ni vraiment française. Un carrefour international à taille humaine >», reprend Philippe Scandolera, qui aurait « beaucoup de mal à retourner vivre en France ». Siège du Comité olympique, ville de création et d’étudiants, Lausanne est également « très friendly ». « C’est dans ses gènes », assure Alexandre Herkommer, le créateur des monumentales soirées Jungle.

Les deux villes, distantes de 70 km, sont aussi d’agréables destinations de villégiature. Surtout que depuis la mi-décembre, le TGV a gagné 20 minutes pour relier 9 fois par jour Genève à Paris en trois heures. Certes, entre lac et Jura, au pied des stations de ski, l’été est doux, mais l’hiver est frisquet. Qu’importe, le secteur ne manque pas d’arguments touristiques. Hôtels et restos de qualité, surtout depuis que les Romands se sont mis à produire d’excellents vins. Shopping de luxe. Et l’embarras du choix au rayon culturel : des dizaines de musées, des quantités de spectacles et, dans le prolongement du lac, Montreux et ses festivals de jazz et d’humour.

Mais attention : même si les bus et trams sont gratuits pour ceux qui séjournent à l’hôtel (comme le train entre l’aéroport et Genève), la vie reste chère, surtout depuis l’envolée du franc suisse !

(Photo principale tirée du site internet gaystreet.ch, portail de la rue de Tivoli, la rue gay de Lausanne)

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