Oct
17
2011

La double vie d’Istanbul
17 Oct 2011
par Laurence Ogiela / TÊTU

La double vie d’Istanbul

Ville-pont, entre Orient et Occident, entre mer Noire et mer de Marmara. Ville-monde, au carrefour des civilisations et des cultures. Ville schizophrénique, entre traditions et modernité. Ville-paradoxe, entre laïcité et intégrisme religieux. Istanbul oscille depuis toujours entre son côté européen et son héritage ottoman.

Pour beaucoup, Istanbul reste l’éternelle Byzance, la fascinante Constantinople. En se baladant à la pointe du Sérail, qui rassemble les joyaux historiques et architecturaux de la ville, on comprend cette nostalgie et l’orientalisme encore si vivaces. Mais, comment venir à Istanbul sans admirer la basilique Sainte-Sophie, les ors du palais de Topkapı et les faïences de la Mosquée bleue ? Comment apprécier Istanbul sans naviguer sur le Bosphore, mythique voie d’eau qui relie la mer de Marmara à la mer Noire .

Colonne vertébrale de la ville, le détroit du Bosphore voit passer chaque jour des milliers d’embarcations, du cargo ukrainien au caïque de pêche en passant par les vapor, les ferries qui relient les différentes parties de l’immense cité. Autre lieu magique : le quartier d’Ortaköy, sa mosquée les pieds dans l’eau, ses maisons ottomanes en bois et ses restaurants de poissons, très prisés des Stambouliotes pour la promenade dominicale.

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Le Palais de Topkapi

Ne ratez pas le pont de Galata, encombré de pêcheurs du matin au soir. Il enjambe la Corne d’or, un bras de mer qui traverse la ville perpendiculairement au Bosphore. Sous ses arcades des tas de restaurants proposent mezze et raki. C’est l’endroit idéal pour profiter du coucher du soleil sur les immenses coupoles et la multitude de minarets de la cité. On y sirote un thé en fumant un narguilé, confortablement installé sur les coussins colorés du bar Maxigala, avant de goûter les voluptueuses nuits orientales.

(Photo principale © Laurence Ogiela)

Movida turque
Entre le dernier appel à la prière, le soir, et le premier, au petit matin, Istanbul revêt ses habits de nuit et offre un tout autre visage : celui d’une princesse embagouzée devenue fille de joie décomplexée. La movida turque n’en finit pas d’attirer les fêtards de tous horizons, et l’avenue Istiklal Caddesi, au cœur du quartier branché de Beyoglu, s’apparente aux ramblas barcelonaises. Un vieux tramway rouge la remonte d’un bout à l’autre, et toute la jeunesse stambouliote y déambule non-stop de jour, comme de nuit.

Dans les ruelles adjacentes, on joue à une sorte de backgammon local et on fume le narghilé à la pomme en refaisant le monde. Des passages couverts au charme désuet, comme le Çiçek Pasajı, le passage aux Fleurs, abritent des restaurants fréquentés par les étudiants, les artistes et les intellectuels.

De nombreux clubs possèdent des quartiers d’hiver dans Beyoglu et des quartiers d’été en terrasse le long du Bosphore. À la nuit tombée, les vieux immeubles décrépits de style Empire se transforment en bars et en boîtes à tous les étages avec sono à fond, comme le Love Dance Point, club emblématique de la scène gay stambouliote.

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Le vieux tramway rouge © Laurence Ogiela (Photo principale © Laurence Ogiela)

Le cœur homo de la ville bat à Beyoglu, entre Tünel, Galatasaray, Cihangir et Cucurkuma, quartiers bobos, sorte de Greenwich local. C’est là que se trouvent la majorité des bars et clubs gays, et même lesbiens.

(Photo principale © Laurence Ogiela)

 

Les nuits stambouliotes sont tour à tour festives, glauques, branchées, cachées, tendres et mystérieuses. Les endroits varient d’un vieil appartement décrépit transformé en bar à un autre plus bourgeois avec terrasse où l’on danse sur les toits, de rencontres furtives près des docks le long du Bosphore aux dance-floors des boîtes avec pignon sur rue. On s’imagine, au choix, en jeune sultan, en eunuque si cher aux peintres orientalistes, en courtisan à la cour ottomane, en pacha… Mais partout, on a droit à… de la techno turque à fond !

Si Istanbul est récemment devenue la nouvelle destination gay à la mode et si l’homosexualité y est de plus en plus visible, la société turque reste très largement homophobe et le coming out est une exception. Car s’il n’existe pas de loi sur l’homosexualité en Turquie, la loi turque ne condamne pas non plus les discriminations, ni les crimes pour orientation sexuelle. Cependant l’association LGBT Lambda Istanbul organise chaque année une gay pride pour sensibiliser l’opinion publique à plus de tolérance et d’acceptation.

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Gay pride à Istanbul en juin 2011 © Mr Akyuz / Flickr

Opinion publique oblige, on ne croise ni gym-queens, et peu de fashionistas dans les rues d’Istanbul. Si leur garde-robe laisse à désirer, les hommes sont naturels, beaux, ténébreux et, surtout, virils. Sexy sans vraiment s’en rendre compte. Pour les rencontrer dans le plus simple appareil, rendez-vous aux hammams. Les bains turcs reviennent à la mode, autant en profiter pour essayer ces soins de beauté orientaux. Idéal pour se détendre après un week-end mouvementé, malgré les massages un peu musclés…

(Photo principale © Laurence Ogiela)

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