Fév
14
2013

Marrakech orientale et moderne
14 Fév 2013
par Laurence Ogiela

Marrakech orientale et moderne

Rendez-vous des trend-setteurs, jet-setteurs et autres tribus branchées depuis plus de dix ans, Marrakech connaît un succès qui ne se dément pas. Et ce malgré l’attentat de 2011 sur la place Jemaâ el Fna. Il faut dire que le Maroc a su rester stable durant la vague révolutionnaire du Printemps arabe et que de nombreux touristes ont fui la Tunisie et l’Égypte pour s’y réfugier pendant leurs vacances. Pour le moment, rien ne semble démoder Marrakech. Après la fièvre immobilière des années 2000 et l’ouverture de centaines de riads touristiques, ce sont désormais les hôtels de luxe des chaînes internationales qui s’installent dans la cité impériale.

Riads, souks et thé à la menthe

Encerclés de remparts de terre ocre, la médina et son labyrinthe de ruelles sont l’âme de Marrakech. Derrière les façades rouge orangé sans fenêtres, on devine de somptueux riads, ces maisons-jardins plus secrètes les unes que les autres. Sous les venelles ombragées des souks, c’est l’effervescence. Des muletiers poussent leurs ânes et des marchands accostent les passants. Un étourdissement de couleurs, de sons et d’odeurs. Les souks sont organisés en quartiers : teinturiers, ferblantiers, potiers, maroquiniers, bijoutiers, vendeurs de tapis… Surtout, il ne faut pas oublier de marchander !


© Laurence Ogiela

Et pour se remettre des négociations sans fin agrémentées d’innombrables tasses de thé à la menthe très sucré rien de tel qu’une promenade dans le jardin Majorelle. Magnifiquement restauré et entretenu par Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, il abrite une stèle à la mémoire du couturier dont les cendres ont été dispersées dans la roseraie de sa villa Oasis. La maison couleur bleu Majorelle, ancien atelier du peintre du même nom, abrite un intéressant musée d’art islamique.

En fin d’après-midi, on rejoint la Menara pour se rafraîchir autour du bassin monumental qui sert de réservoir à la ville, et observer le ballet des jeunes Marrakchis qui se retrouvent là pour flirter. Les garçons se promènent main dans la main en regardant les filles qu’ils n’osent pas aborder. Ou d’autres garçons, ce qu’ils n’osent pas avouer. Le crépuscule est le moment propice pour gagner la place Jemaâ el Fna, le centre névralgique de la vieille ville, qui se remplit d’échoppes de nourritures où se côtoient touristes et locaux. Au son des tambours, les charmeurs de serpents, cracheurs de feu, danseurs gnaouas, astrologues et autres conteurs exécutent leur ballet. Une véritable cour des miracles d’un autre temps !

Mille et une nuits gay-friendly
Mais les nuits à Marrakech ne se résument pas au folklore local. Pour trouver les bars, les restaurants et les clubs à l’ambiance occidentale, il faut quitter la médina.

Direction L’Hivernage, l’ancien quartier des diplomates, Guéliz, la ville nouvelle, et la route de l’Ourika. Une bonne option pour commencer la soirée est d’aller boire un verre au bar du célèbre hôtel de luxe, La Mamounia. Le mythique palace, villégiature privilégiée des chefs d’État et des stars hollywoodiennes, a été rénové en 2010 par Jacques Garcia.

Autre incontournable, le Comptoir Darna qui reste un indétrônable des nuits marrakchies. On peut également y dîner avant de rejoindre les boîtes. La majorité des clubs se trouvent encore dans les grands hôtels internationaux, comme le So, au Sofitel, et le Theatro, la boîte de nuit de l’hôtel Es-Saadi.

Cependant les mœurs marocaines se sont un peu assouplies et des boîtes ont ouvert en dehors des hôtels. Une tendance inaugurée par le Pacha Marrakech en 2005. Alter ego du Pacha Ibiza, cet immense complexe qui regroupe des restaurants, une piscine, des espaces lounge et plusieurs pistes de danse attire toujours la jeunesse dorée de Marrakech, de Casa et de Rabat.


Photo @Djellabar

Mais aujourd’hui, c’est le Djellabar  qui remporte tous les suffrages. Dans une ancienne maison de L’Hivernage des années 1940, le duo Stéphane Atlas et Claude Challe, qui ont fait leurs armes au Comptoir et au Buddha Bar, a imaginé un boudoir moderne à la déco pop art oriental. Sur les murs, les portraits warholiens de la diva égyptienne Oum Kalsoum, de Jimi Hendrix, de Gandhi et d’Yves Saint Laurent sont tous affublés du tarbouche marocain, signe de l’accord parfait entre Orient et Occident qui règne ici. Tous les soirs, Stéphane accueille ses amis, l’élite artistique et intellectuelle et des touristes.

Ambiance festive et gay-friendly assurée. Car si l’époque du Diamant Noir, club autrefois réputé pour accueillir la communauté gay occidentale et marocaine, est révolue, les boîtes et les bars marrakchis affichent quand même leur tolérance, mais plus discrètement. Il faut dire que l’homosexualité reste interdite, et que les Marocains risquent des peines d’emprisonnement. La police en civil et les autorités religieuses veillent, même si Marrakech reste la ville la plus ouverte et la plus tolérante du pays.

Photo principale ©Laurence Ogiela

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