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2013

Jonathan Lambert : « Je suis fasciné par les toits de Paris ».
25 Avr 2013
par Julien Chadeyron

Jonathan Lambert : « Je suis fasciné par les toits de Paris ».

Vous n’avez pas pu le manquer dans l’émission de Laurent Ruquier le samedi soir, où au gré des invités, il incarnait ses extravagants personnages, dont le désormais célèbre Damien Baïzé. Jonathan Lambert est actuellement sur scène dans son one man show, et sera très prochainement au cinéma. Bref, son agenda est bien rempli. Pour découvrir qui se cache derrière tous ces personnages, nous sommes partis à sa rencontre.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas pouvez-vous vous présenter ?
Jonathan Lambert: Je m’appelle Jonathan Lambert. Je suis né à Paris. Enfin, je ne m’en souviens pas, c’est ma mère qui me l’a dit, mais elle ne m’a jamais menti donc j’imagine que c’est vrai. J’ai grandi dans un milieu confortable. J’ai fait une école de théâtre puis de cinéma et aujourd’hui je suis comédien.

Comment avez vous débuté ?
J’ai commencé sur la chaine Comédie dans La Grosse Émission. On était toute une équipe avec Kad et Olivier, Stéphane Guillon, Cyril Hanouna, Nicolas Deuil, Philippe Lelièvre. De 18h à 20h nous étions en direct, on avait les clés de l’émission donc on faisait absolument ce qu’on voulait : c’était extraordinaire. Il y avait une grande pièce avec des accessoires, des costumes et des perruques et on allait piocher dedans. Parfois un simple accessoire nous faisait marrer et ça nous donnait l’idée d’un sketch. C’est là que j’ai créé mes premiers personnages que j’ai ensuite refaits sur d’autres chaînes et notamment chez Ruquier.

Pourquoi avoir choisi la perruque comme thème de votre spectacle ?
L’idée s’est vite imposée. Cela apportait un concept au spectacle. C’est sûr qu’à 15 ans je ne me suis pas dit que je ferai un spectacle sur le thème des perruques. En fait la perruque a été un dénominateur commun dans tout ce que j’ai fait et je me suis dit que ce serait bien pour mon deuxième spectacle d’être en accord avec ce que les gens connaissent de moi, c’est a dire ces personnages.
Comme j’explique dans le spectacle avant d’interpréter les personnages. … J’ai toujours aimé faire des personnages, ça m’amuse, même si évidemment tout est faux, enfin j’espère. Et puis, je me suis dis que ce serait drôle de faire un spectacle où le seul accessoire qu’on retrouve dans chaque personnage, c’est la perruque.

Vous n’avez pas peur de devenir schizophrène ?
Cette question me fait toujours rire. Vous savez quand on est vendeur dans un magasin on est très souriant alors qu’on peut avoir des problèmes dans sa vie personnelle. Il y a un devoir de façade dans tous les métiers. Je me souviens de mon prof de théâtre qui me disait « si tu joues un criminel tu n’iras pas tuer quelqu’un pour voir ce que ca fait vraiment ». Donc non pas de schizophrénie : c’est aussi ça le boulot comédien. Et surtout j’espère ne pas être comme mes personnages, qui sont souvent peu fréquentables, ne pas finir comme eux.

Où trouvez vous votre inspiration ?
Je pense que c’est un gloubiboulga dans ma tête qui est le résultat d’observations, de gens qu’on connaît dans son entourage, dans sa famille, dans ses amis. Ca peut être la coupe de cheveux d’un type que je croise, un tic, une façon de parler qui revient… Ca se met probablement dans un coin de ma tête… et la somme de tout ça donne mes personnages. Il n’y a pas de règle, ca part souvent d’un détail.

Quels souvenirs gardez-vous de vos passages chez Ruquier ?
Très bon. J’avais une liberté totale, ce qui est assez rare aujourd’hui en télé sur une grande chaine. C’était 4 années formidables parce que dès lors que ca a fonctionné on m’a fait entièrement confiance, c’était assez génial. En plus il y avait des moyens, donc si un jour je voulais un poney, ou si je voulais des chanteurs russes je les avais.

Quel(s) personnage(s) avez-vous pris le plus de plaisir à jouer ?
C’est sûr que Damien Baïzé c’est toujours très agréable à interpréter, surtout quand ça marche. Mais il y a eu d’autres bons moments. Je sais que face à Olivier de Kersauson c’était formidable, Marie José Perec aussi. J’ai beaucoup aimé l’avocat du concombre, à l’époque où le concombre était réputé être dangereux.

En dehors de votre spectacle « Perruques », quels sont vos projets ?
En ce moment je suis en tournée dans une pièce de théâtre que je joue avec Richard Berry (ndlr : « Le début de la fin »), jusqu’en avril. J’ai tourné dans un film avec Alain Chabat et Elodie Bouchez, qui sortira vraisemblablement dans un an. Et il y a d’autres projets cinéma mais tant que ça n’est pas fait…

Quelle est la grosse différence entre le cinéma et le one-man show ?
Le cinéma est un processus long, entre les financements, l’écriture, l’accord des comédiens. C’est l’avantage du one-man show : quand je me promets quelque chose à priori je tiens parole. On décide d’écrire le spectacle, on va voir un producteur, s’il est d’accord on écrit le spectacle, on le joue, on loue une salle, il n’y a pas de filtre, beaucoup moins d’intermédiaires, et surtout c’est un grand espace de libertés,il n'y a aucune censure. Ca marche à la méritocratie… il faut juste remplir la salle et faire rire les gens.

Votre opinion sur le mariage gay ?
C’est très facile de dire « je suis pour ». Certes je suis pour mais parce que je ne suis pas du tout attaché aux institutions. J’ai une aversion pour les institutions et la religion. Je suis même un « taliban de la laïcité ». Donc le mariage en général ne m’intéresse pas. Par contre je trouve ça bien si la plupart des homos aspirent à ça aujourd’hui. C’est ce que l’on se disait avec Philippe Besson: « il y a eu un embourgeoisement incroyable de cette communauté». Et je trouve ça formidable : ça veut dire qu’isl deviennent comme tout le monde, cons et chiants comme tout le monde, ils aspirent à leur petite vie bourgeoise, ils veulent acheter ensemble, se marier. S’ils trouvent ça bien, je trouve ça bien. Si je suis marié, c’est parce que ma femme y tenait, mais ma vie aurait été la même sans ça. Ce qui me fait chier, c’est que les gens veulent paraître très tolérant par ce biais là. En revanche, je ne comprends pas que les gens attachés à l’institution du mariage s’y opposent. C’est plutôt beau que deux personnes qui s’aiment aient envie de se marier dans les règles, non ? Les Anglais, eux, disent d’ailleurs que c’est un retour de l’institution du mariage. Il y a vraiment beaucoup de façons différentes d’analyser ce phénomène… Tout ca pour dire que je suis pour parce que je m’en branle (rires).

Et maintenant notre questionnaire Voyage…
Que conseilleriez vous à un touriste de faire à Paris ?

De monter à la Tour Eiffel, sans hésiter. J’aime beaucoup Paris. J’aime retourner voir les monuments assez clichés comme le Sacré-cœur ou la Tour Eiffel. J’adore avoir une vue sur Paris, c’est une ville très intéressante à voir de haut. Contrairement à Londres. Je suis monté dans le London Eye, et en fait c’est d’un ennui mortel, puisque Londres est une ville plutôt plate, avec un ciel qui ressemble souvent à de la dépression en poudre, tout est gris, pas de lumière. Alors qu’à Paris, dès que je vais à Beaubourg par exemple, je monte au dernier étage, pour la vue. Je suis fasciné par les toits de Paris.

Où aimez vous flâner à Paris ?
Il y a un endroit que j’aime beaucoup : le quai Saint Bernard. Il y a des sculptures, des gens qui jouent de la guitare, des cours de flamenco... le mélange culturel est très sympa. Quand il fait beau c’est une super ballade à faire. Il y a de la place, on peut s’asseoir, on peut boire une bière en regardant passer les bateaux mouches.
D’ailleurs, j’adore aussi faire du bateau mouche. Sans le diner en amoureux par contre qui me paraît être bien triste. Mais c’est génial de visiter Paris sur la Seine quand il fait beau. Quand j’avais 18 ou 19 ans, je connaissais quelqu’un qui avait une petite péniche, et parfois le soir après diner on faisait une balade, on avait la Seine pour nous : c’était formidable.

Quel est le pays qui vous a le plus marqué ?
Le Japon. J’en ai rêvé pendant des années parce que j’adore la culture japonaise. J’avais peur d’être déçu. Et ça a dépassé toutes mes attentes. C’était complètement fou. C’est le pays le plus à part du reste du monde. Déjà c’est une île. La culture est tellement différente, même par rapport à ses voisins asiatiques. L’architecture, le design, la langue, la cuisine : tout est si particulier. Ils ont cette intelligence, ce côté « nazi » où tout est tellement bien organisé. Je trouve ce pays fascinant.

Y-a-t-il un objet que vous amenez toujours avec vous en voyage ?
Pas du tout. Ou plutôt si, ma femme et mes enfants mais ce ne sont pas des objets (rires). Sinon mon appareil photo et ma carte bleue.

Un endroit pour voyager en amoureux ?
J’ai eu la chance d’aller à la Gazelle d’or à Taroudant, au Maroc et je dois dire que c’est un endroit en dehors du temps. A l’époque, il n’y avait pas de télé dans les chambres, rien d’ostentatoire. C’est un hôtel où ont séjourné les grands de ce monde, mais c’est très simple. C’est un endroit merveilleux où l’on mange divinement bien. Il y a une vraie finesse, une vraie sérénité et une simplicité qui se dégagent de ce lieu, extraordinaire.
J’aurais pu dire Venise aussi. Quand j’y suis allé, je me suis dit qu’il fallait bien y aller, et c’est formidable parce qu’en fait, ça dépasse complètement les photos, c’est tellement beau quand on le voit en 3D.

Quelle ville ou pays le plus propice pour faire la fête ?
Guantanamo ça doit être sympa (rires). Il y a quelque chose d’assez génial en Espagne. Il y a une vraie facilité dans les rapports aux gens … j’aime beaucoup.

Quelle ville avez vous trouvé la plus gay-friendly ?
J’étais à Los Angeles il y a quelques mois, et j’ai eu l’impression que la communauté gay était assez dispersée, présente un peu partout et finalement très intégrée.
 Alors qu’à San Francisco je ne l’avais pas ressenti autant. Pourtant à l’époque on en parlait beaucoup pour sa communauté. Je pense que ça a dû être le fer de lance des quartiers gays mais aujourd'hui ca doit se résumer, comme dans beaucoup de villes, à un quartier gay, comme le Marais à Paris.

Votre prochain voyage ?
On ne prévoit rien… Ou alors si, je vais vous faire rêver : je pars à Toulon cette semaine. Et j’étais à Nantes il y a quelques jours !

Votre voyage de rêve ?
Je rêve d’aller à Saigon au Vietnam.

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