Fév
06
2011

Montpellier, ville arc-en-ciel
06 Fév 2011
par Frédéric Maurice / TÊTU

Montpellier, ville arc-en-ciel

Pour égayer leurs froids week-ends d’hiver, les homos n’ont guère le choix. Quelques stations de ski qui lorgnent sur leur légendaire pouvoir d’achat. Ou des villes friendly qui, pour la plupart, hibernent. Dans cette France au congélateur, une exception : Montpellier. Pas seulement parce que l’hiver y est doux et ensoleillé. La deuxième ville la plus friendly de France (lire Têtu de mars 2009) ne connaît pas d’arrière-saison. Sa communauté homosexuelle vient même de pendre la crémaillère de sa nouvelle Maison des LGBT.

La Lesbian and Gay Pride Montpellier-Languedoc-Roussillon est en effet l’une des premières associations à devenir propriétaire de son QG, en triplant au passage sa surface. C’est que Montpellier ne cesse de se surpasser. Avec dix-huit mille personnes comptabilisées par la police, la Marche des fiertés, la deuxième du pays, a encore explosé son record le 5 juin 2010. « C’est parce qu’on a régionalisé l’association », pense Vincent Autin. Le président de l’asso organisatrice veut aller plus loin en mettant à la disposition de chacun des quartiers populaires de la capitale de la région Languedoc-Roussillon un char pour défiler.

Quant à Madame le maire, elle n’est pas en reste. Auteure du célèbre « Appel de Montpellier » en faveur de l’instauration en France du mariage homosexuel, Hélène Mandroux l’a fait inscrire dans le programme socialiste pour la prochaine élection présidentielle. Dans la foulée, elle se dit « prête à militer pour le droit à l’adoption » des gays et des lesbiennes.

Avec un petit Marais qui gravite autour de sa place du Marché-aux-Fleurs, la préfecture de l’Hérault regorge également d’adresses friendly. On y trouve même un opticien et un pharmacien qui affichent le rainbow flag ! La ville a également ses têtes d’affiche. Des personnalités ouvertement gays comme Jean-Paul Montanari, directeur du festival Montpellier Danse, et Jean-Marie Besset, patron du Théâtre des 13 Vents, sans oublier des sportifs de haut niveau very friendly : le handballeur Nikola Karabatic ou le très sexy champion d’Europe de décathlon Romain Barras. La cité héberge également une vingtaine d’associations LGBT, dont l’unique centre d’accueil français pour les jeunes victimes d’homophobie (Le Refuge), un club de rugby (Los Valents) et un collectif de sourds (Ghandis). Montpellier peut aussi s’enorgueillir d’abriter deux « monuments nationaux » de la communauté gay : le club La Villa rouge et la plage de l’Espiguette !

ot montpellier mygaytrip.com
L'office de tourisme de Montpellier possède une partie gay sur son site web

« Montpellier est truffée de gays », prétend Hussein Bourgi, président du Comité contre l’homophobie. Confirmation dans les bars et les saunas : du monde tous les soirs. Et dans les rues, le gaydar s’affole. Impossible de ne pas se sentir immédiatement à l’aise. « C’est une ville très attirante pour les homos », explique Olivier Richaud, 41 ans. Comme beaucoup, l’auteur du blog Jeff et Olivier est « un Montpelliérain d’adoption ». « En débarquant de ma campagne, dit-il, j’ai découvert un petit paradis. » Idem pour Ludovic Pelletier, le producteur de Menoboy, l’un des trois plus gros studios X tricolores, installé dans la ville depuis trois ans. « Je ne bougerai plus d’ici ! Avec mon copain, on vit dans une belle maison, tous nos voisins nous connaissent et sont au courant de mon activité professionnelle. Ça ne pose aucun problème, il y a une grande ouverture d’esprit. »

Avant sa mort, le 24 octobre 2010, Georges Frêche, le parrain politique de la région, a pourtant entaché l’image idyllique de Montpellier avec ses déclarations réactionnaires à répétition, mais les gays, dans leur majorité, préfèrent  néanmoins saluer un « maire visionnaire » et un « indéfectible ami des gays, qui avait donné un local au Groupe de libération homosexuelle en 1979, trois ans avant la dépénalisation ». 

Retrouvez toutes les adresses gay et gay-friendly de Montpellier dans le guide gay de Montpellier sur myGayTrip.com

(Photo principale © Françoise Dorelli / Têtu)

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