Oct
15
2013

Les mille et une Fès
15 Oct 2013
par Laurence Ogiela / TÊTU

Les mille et une Fès

Elle est à l’écart des circuits touristiques classiques. Pas en bord de mer, ni en plein désert. Au cœur du Moyen-Atlas, Fès est la plus ancienne ville impériale du Maroc. La plus authentique. Et aussi la plus religieuse.

On n’y vient pas pour bronzer comme à Essaouira, ni pour faire la fête comme à Marrakech ou à Tanger. On y vient s’imprégner de sa clameur millénaire. Capitale culturelle et spirituelle du royaume alaouite, elle offre une parenthèse presque mystique dans un monde moderne où tout va trop vite.

Si la ville moderne, Fès El Djedid, a été construite au temps du protectorat français, la medina, Fès El Bali, n’a pas bougé depuis 1200 ans. Elle est classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Vue d’en haut, les maisons semblent former un labyrinthe inextricable où l’on pourrait circuler en sautant d’une terrasse à une autre. Mis à part le chant du muezzin qui se répand d’un minaret à un autre, la ville paraît endormie. Mais, une fois franchie Bab Boujloud, la plus belle des sept portes que compte la medina, tout n’est que bruit, profusion de couleurs et de sensations.

On s’égare facilement dans les 9 400 ruelles, et il ne faut pas hésiter à demander son chemin. Les Fassis se font un plaisir de vous accompagner à bon port, parfois contre un modeste bakchich. La Talaa Kebira (ou sa jumelle, moins charmante, la Talaa Kebira), qui part de Bab Boujloud est un bon fil d’Ariane : elle traverse toute la medina du nord au sud. Si on se perd, ou plutôt à chaque fois que l’on se perd, on finit par retomber dessus.

Fes
Les toits de Fès © Mariano Sanz Place

Aussitôt dans l’enceinte de la vieille ville, on est happé par le flot des badauds dans des effluves d’agneau grillé, de menthe, de cumin… Dans les venelles étroites et sinueuses, sous la lumière ombragée des lattis de roseaux, c’est l’effervescence. « Balek, Balek ! » (« Attention ! ») Aux cris des muletiers, il faut se pousser rapidement pour laisser passer les charrettes débordantes de marchandises.

L’office de tourisme de Fès a imaginé six itinéraires thématiques marqués d’étoiles de différentes couleurs pour visiter la medina. Les étoiles orangées suivent les murailles et les fortifications qui encerclent la cité, les bleues indiquent les monuments et les souks, les vertes pointent le chemin des palais et jardins andalous, et les étoiles noires tracent le circuit de l’artisanat.

Plus de 30 000 artisans travaillent au cœur de Fès-El-Bali. Organisés en quartiers distincts, les souks des teinturiers, des tanneurs, des ferblantiers, des forgerons, des dinandiers, des menuisiers, des maroquiniers, des bijoutiers, des vendeurs de tapis ou de tissus constituent une mosaïque complète de l’artisanat marocain.

Sur la place Seffarine, un martèlement régulier annonce le travail des chaudronniers qui confectionnent d’immenses marmites et des dinandiers qui sculptent des plats en étain. Le plus impressionnant reste la Chouara, le souk des tanneurs. L’odeur sucrée et poivrée des fruits secs et des épices laisse place à la puanteur d’une vieille bergerie. Les touristes, à qui on offre des feuilles de menthe pour lutter contre l’odeur nauséabonde, sont invités à monter sur des terrasses panoramiques pour découvrir un spectacle saisissant. Dans des alvéoles en terre remplies de pigments rouges ou jaune safran, des tanneurs immergés à mi-cuisses plongent inlassablement des peaux de bête pour les colorer. On se croirait dans un tableau du peintre orientaliste Eugène Delacroix. Ici, le temps s’est figé. Depuis le Moyen-Âge, ces hommes répètent le même ballet immuable.

Aujourd’hui encore les maalems, les maîtres-artisans fassis, prouvent chaque jour leur savoir-faire ancestral en restaurant des fondouks, medersas, palais et autres riads à l’architecture arabo-andalouse.

Fes mygaytrip.com
Photo tanneries © Josep Renalias

Fès est une ville vraiment déroutante au premier abord. Pour mieux la dompter du regard, montez sur la terrasse d’un riad, comme le Riad 9, tenu par Stephen et Bruno et qui domine toute la Médina. On voit les remparts de la vieille ville, des ruines romaines, l’Atlas au loin… Au coucher du soleil, en admirant le panorama, on n’a aucun mal à imaginer que la clameur de la ville, qui circule de terrasse en terrasse, est la même depuis des siècles

L’homosexualité au Maroc : elle y est illégale et punie de six mois à 3 ans de prison (+ amendes de 120 à 1000 dirhams), même si les touristes sont rarement inquiétés (sauf en cas de prostitution). L’islam est ici religion d’Etat et le roi est commandeur des croyants. Autant dire qu’on ne rigole pas avec la sexualité et l’homosexualité est ici l’un des plus grands tabous.
Depuis 2004, l’association Kifkif, basée à Madrid, tente de défendre les droits des LGBT marocains. Elle a notamment lancé le magazine Mithly, premier magazine LGBT marocain en arabe.

Photo principale : Bjørn Christian Tørrissen

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