Mai
11
2011

Dalmatie : un air de paradis
11 Mai 2011
par Laurence Ogiela / TÊTU (texte et photos)

Dalmatie : un air de paradis

Véritable paradis balnéaire à seulement deux heures de Paris, la Croatie aligne 6 000 kilomètres de côtes et compte 1 185 îles et îlots, dont seulement 67 sont habités. Trait d’union entre l’Europe du Sud et celle de l’Est, le plus méditerranéen des pays des Balkans, avec ses cités médiévales, ses îles préservées et son eau translucide à 30 °C, est un rêve de croisiériste et de plaisancier.

Car la meilleure façon de découvrir les très nombreuses îles dalmates, c’est en bateau. Les marins dans l’âme loueront un voilier avec ou sans skipper, les plus économes opteront pour les liaisons régulières en ferry qui relient les grandes îles de l’Adriatique entre elles et au continent. Au programme pour tout le monde : criques isolées, soleil garanti et mer bleue turquoise.

Split se révèle un excellent point de départ pour une excursion dans les îles dalmates. D’autant plus que la ville est superbe. Elle s’est développée au cœur de l’immense palais de l’empereur romain Dioclétien, avant d’envahir les collines alentour dans un puzzle architectural antique et moderne. On aime se perdre dans le dédale de ruelles antiques et découvrir des terrasses de cafés aménagées dans une cour, dans des escaliers ou sur une place cachée. Le soir, il faut se balader sur la Riva, l’ancien quai des Français, où les jeunes et les moins jeunes s’adonnent à leur sport favori : la passeggiata.

Cap sur les îles

Toutes plus boisées, réputées et fréquentées les unes que les autres, les îles de la Dalmatie du Sud s’étalent le long de la côte entre Split et Dubrovnik. Cap au sud vers le Saint-Tropez croate : Hvar. Lieu de villégiature de la jet-set internationale, au même titre que Mykonos ou Porto Cervo en Sardaigne, Hvar ne compte plus les yachts de milliardaires qui accostent chaque été dans son port principal. Parmi les jet-setters habitués : Tom Cruise, Gwyneth Paltrow, Giorgio Armani, Kevin Spacey, Caroline de Monaco et même le prince William d’Angleterre.

Il faut dire que la beauté naturelle de l’île a toujours attiré les têtes couronnées. L’impératrice Sissi venait déjà s’y reposer dans le célèbre hôtel Palace, au temps où la Dalmatie était rattachée à l’empire austro-hongrois. Il n’en fallait pas plus pour attirer les gays de tous poils.
« Hvar est considérée comme l’endroit le plus gay-friendly en Croatie. Dans un pays encore largement homophobe, on y a déjà organisé des mariages et des lunes de miel gays et même une conférence LGBT, explique Jozo, originaire de l’île. Il n’y a pas de lieux gays à proprement parler, mais la communauté se retrouve dans le bar ultra-branché Carpe Diem et drague sur les plages naturistes des îles Pakleni, particulièrement celles de Stipanska et de Jerolim ».

<gay croatie

À quelques minutes en bateau-taxi depuis le port de Hvar, les îles Pakleni recèlent des dizaines de criques aux eaux cristallines bordées par des pinèdes. Paradis des naturistes, elles comptent parmi les nombreux endroits dans toute la Croatie où on peut se baigner nu. Autre « plage » prisée pour la baignade et les rencontres, celle de Bonj. Une terrasse aménagée avec transats et cabines de bain à l’ancienne, assez Deauville dans l’esprit.

Depuis Hvar, on rayonne dans les îles avoisinantes. La plus proche est Brac. Elle abrite la station balnéaire de Bol et sa célèbre plage de Zlatni Rat, réputée pour être la plus belle de Croatie. Elle a la particularité de s’avancer de 500 mètres dans la mer et de changer de forme selon la marée.

Au sud de Hvar, Korcula est l’une des îles les plus boisées de l’Adriatique : cyprès tricentenaires, chênes verts, pins d’Alep, oliviers, orangers… Un véritable jardin d'Eden parsemé de jolis villages à l’architecture médiévale. Vous recherchez calme et inspiration ? Direction Vis, l’île la plus éloignée de la côte. Oubliée du flux touristique, elle doit sa préservation à la présence jusqu’en 1989 d’une base militaire de l’armée yougoslave qui la rendait inaccessible.

Un périple en Dalmatie ne peut s’achever sans une halte à Dubrovnik. Ville piétonne, on l’aborde par l’inévitable Stradun, grande avenue centrale pavée de dalles blanches et bordée de maisons patriciennes, avant de se perdre dans son lacis de ruelles en étages. On finit toujours par buter sur les remparts. Autant en profiter pour parcourir le chemin de ronde, admirer la vue sur les toits en tuiles couleur miel et se poser au Buza Bar, un estaminet à flanc de rocher, face au large.

De là, on imagine la cité résister aux vagues d’envahisseurs qui n’ont eu de cesse de la convoiter sans jamais la soumettre. Autrefois les Arabes, les Normands, les Vénitiens, les Ottomans, aujourd’hui les Allemands, les Britanniques et les Italiens.

Car si Dubrovnik et la côte dalmate ont été relativement épargnées par la guerre serbo-croate, combien de temps résisteront-elles aux assauts des promoteurs immobiliers et à l’invasion touristique

Voyager gay à...
veuillez choisir un lieu
Publicité
Publicité