Mai
29
2014

Corps à corps avec Corfou
29 Mai 2014
par Oscar Héliani / TÊTU

Corps à corps avec Corfou

Corfou, c’est d’abord un cliché. Une « destination soleil » pas trop chère pour Allemands ou Hollandais en goguette. Mais au printemps ou à l’automne, il suffit de prendre en Vespa un chemin caillouteux à peine tracé, et wouah... on découvre une vue sublime sur les côtes albanaises !
Située au large de la côte occidentale de la Grèce, Corfou n’est pas qu’une destination de tourisme de masse. Elle cache même des petits coins de paradis. À commencer par sa capitale, Corfou (Kerkyra en grec), où le contraste des styles architecturaux témoigne du passage des occupants vénitiens, anglais et français.

La Spianada, ou l’esplanade du centre-ville, illustre parfaitement ce métissage. D’un côté des bâtiments cossus avec des arcades à l’infini rappellent étrangement la rue de Rivoli à Paris. De l’autre, un terrain de cricket marque le passage des Anglais et, un peu plus loin, le dédale de venelles et les petites places vous transportent à Naples ou à Venise.

Le bonheur, celui avec un grand B, ne se résume-t-il pas à découvrir une belle île, Corfou, avec un sublime garçon, un local qui plus est ? J’ai eu la chance d’en rencontrer deux, Stefanos et Spiros. Le soir de mon arrivée, j’assiste à un spectacle de danse traditionnelle. J’ignorais que le sirtaki me ferait autant d’effet. Stefanos, le meneur de la troupe, y est pour beaucoup. Chut, il ne faut pas le dire. Je ne connais pas encore Corfou, mais je l’aime déjà. Sans tarder, il me présente son meilleur ami, Spiros, ouvrier dans le bâtiment, venu l’applaudir. Nous sympathisons. Ils me proposent de me montrer leur île. Hum… Comment refuser une telle proposition ?

Premier jour
Je découvre sur une brochure que Sissi avait élu domicile au palais d’Achilleion, près du village de Gastouri. En 1891, l’impératrice d’Autriche et reine de Hongrie, qui déteste la vie à la cour de Vienne, choisit de faire construire cette résidence de toute beauté sur une colline surplombant la mer, à une vingtaine de kilomètres de la capitale.
Grande admiratrice de la mythologie grecque et émue par une statue d’Achille, elle lui dédie le palais. L’État grec le récupère après la Première Guerre mondiale pour y installer plusieurs institutions. Aujourd’hui, les salons de réception ainsi que le sublime jardin sont ouverts au public.

gay Corfou
L'île Pontikonisi et l'ilôt de Vlacherna © DR

En quittant Sissi, je retrouve Stefanos et Spiros qui me suggèrent de faire un tour au village de Benitses. En roulant la fenêtre ouverte, le doux parfum d’agrumes bordant la route me chatouille agréablement les narines. L’intérêt grandissant des touristes a transformé ce charmant petit village en station balnéaire. Paradis des adeptes des sports nautiques et des noctambules, Benitses possède encore des coins secrets.

Avant le coucher du soleil, nous mettons le cap sur Kanoni. Entre ciel et mer, le camaïeu de bleu d’une splendeur absolue me laisse pantois. Nous traversons une jetée pour accéder à l’îlot de Vlacherna. Outre un cachet très « carte postale », le petit monastère aux murs blancs renferme de belles icônes.

En face, se trouve Pontikonisi, « l’île des souris ». Pour 2,50 euros, une embarcation vous y conduit pour visiter la minuscule église entourée d’une abondante végétation. Si l’un des paons de l’île fait la roue en vous voyant, c’est signe qu’un Corfiote vous fera la cour. Hélas, aucun de ces volatiles n’a déployé sa queue devant moi…

C’est l’heure de l’apéro ! Nous nous dirigeons vers le Liston sur la grande esplanade de Corfou. C’est le spot pour repérer toutes les bombasses du coin en sirotant un café frappé. Ça mate, mais la discrétion reste de mise. La faim se fait sentir. Nous optons pour Tripas, une taverne typique où stars de cinéma et hommes politiques ont un jour mangé.

Deuxième jour
Ce matin, je décide d’aller au palais Saint-Michel et Saint-Georges. En 1821, les Anglais l’édifient pour y installer leur gouverneur mais dès la fin du protectorat, la famille royale grecque en prend possession. Après une grande rénovation, le bâtiment abrite aujourd’hui le musée d’Art asiatique présentant plus de dix mille soieries, paravents et céramiques de Chine, d’Inde et du Japon réunis par Grigorios Manos, un diplomate de Corfou.

Après cette immersion en Extrême-Orient, je décide de m’engouffrer dans les ruelles commerçantes où des échoppes de babioles fleurissent à tous les coins. C’est le paradis pour les collectionneurs de souvenirs kitsch. Un peu plus loin, j’aperçois des façades délabrées, du linge aux fenêtres et des gamins qui jouent dans la rue. Enfin, les vrais quartiers populaires ! Pour retourner vers l’animation touristique, il suffit de se repérer au grand clocher rouge de l’église Saint-Spyridon. Après ce bain de foule, je m’accorde une pause déjeuner. Juste derrière le Liston, je m’attable à la terrasse du Rex où les locaux sont presque plus nombreux que les touristes. Bon signe.

Corfou gay
Le Palais d'Achilleion ©t Thomas Schoch

Spiros et Stefanos me retrouvent pour le café et nous nous dirigeons ensemble vers l’un des deux forts de la ville. Pas le Fort neuf, qui se trouve du côté du port et sert de base pour les Marines grecs, mais le Vieux Fort, édifié par les Vénitiens vers 1550, et qui se trouve en plein centre-ville sur un promontoire. Mes deux jeunes guides me disent qu’il faut monter au sommet sans s’arrêter. La vue sur la ville et la côte orientale récompense, il est vrai, de tous les efforts

Je leur demande alors quelle est leur plage préférée. Sans hésitation, ils me répondent en chœur : « Glyfada ! » Eh bien, allons-y !

gay Corfou
La plage gay de Mirtiotissa © Alfredo Piola

À une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de l’île, bordée de petites collines d’oliviers et de pins, cette plage de sable est très belle. Les eaux cristallines et peu profondes sont un délice pour la baignade, et le spectacle du soleil couchant est à couper le souffle.

La Taverna Glyfada est un petit café sans prétention où vous trouverez de quoi boire et grignoter. Mais peut-on y croiser des gays ? Pas vraiment. À Corfou, on recense trois plages gays. Almyros Beach qui se trouve au nord de l’île, plus précisément à Achavari. Au sud, Issos Beach, nichée sur le côté nord d’Aghios Georgios. Enfin, Mirtiotissa, située sur la côte ouest de l’île, qui n’est pas vraiment facile d’accès. Après l’effort, le réconfort. En voyant les rochers et le magnifique panorama, vous comprendrez les raisons de son succès. Plébiscitée au départ par les nudistes, Mirtiotissa est devenue le point de rencontres de la communauté gay et lesbienne de l’île, et surtout le lieu de ralliement des touristes gays. Un site magnifique, des garçons sublimes…

Le soir, nous sommes allés nous promener vers le port, puis danser à la Villa Mercedes. Qu’il est agréable de se trémousser sous un olivier grec, même sur un morceau de David Guetta ! La nuit sera longue, mais Stefanos et Spiros sont fatigués. Nous nous séparons pour mieux nous retrouver le lendemain. À Mirtiotissa, bien entendu !

(Crédit photo haut de page : Stefanos et Spiros, nos deux guides à Corfou © Alfredo Piola)

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