Sept
11
2012

Grindr, un outil indispensable pour voyager ?
11 Sept 2012
par Marc Dedonder

Grindr, un outil indispensable pour voyager ?

Avec 4 millions de membres, Grindr est aujourd’hui, et de loin, l’application mobile gay la plus téléchargée. Après 3 ans d’existence, et grâce à sa technologie basée sur la géolocalisation, elle est présente dans 99% des pays de la planète et accueille en moyenne à chaque instant plus de 70 000 connectés. En tout chaque jour, il s’y échange 11 millions de messages et 2 millions de photos.

Nous avons interrogé le patron fondateur de Grindr, Joel Simkhai, pour tenter de mieux comprendre le succès d’une application qui a aussi changé notre manière de voyager.

Comment avez-vous eu l’idée de Grindr ?
A l’époque, quand je voulais rencontrer des mecs, je devais aller sur des sites web. Mais il me manquait toujours une info : est-ce qu’il est loin ou pas ? Ca commençait à me travailler sérieusement. Et puis en 2009, la 2ème génération de l’iPhone est arrivée et j’ai tout de suite compris ce que j’allais pouvoir faire de cette technologie. J’ai monté une petite équipe et dès mars 2009, on s’est mis sur le projet.

Quelle était l’idée de base ?
Très simple : je veux rencontrer des mecs qui sont près de moi. C’est basique ! Mais évidemment, on ne se doutait pas que notre projet allait rencontrer un tel succès et prendre une envergure internationale.

Grindr mygaytrip.comComment se répartissent vos 4 millions de membres ?
Une grande moitié est située aux Etats Unis. Ensuite, nos principaux marchés sont le Royaume Uni, la France, l’Australie et le Canada. Et quand on regarde par villes, Londres est notre première destination (350 000 utilisateurs), ensuite c’est jeu quasiment égal entre New York et Paris (200 000 membres).

Comment expliquez vous ce succès en France ?
Aucune idée ! L’année dernière, on a vu le nombre de membres monter en flèche mais sans que nous sachions pourquoi. Parfois, on sait que tel journal, tel twitter, tel radio a parlé de nous, mais là, aucun indice. Qui plus est,  nous ne faisons jamais de campagnes de publicité ou de marketing. Les seules choses qu’on fait, ce sont des soirées Grindr, comme celle au Freedj en juillet dernier.

D’après vos chiffres, un membre se connecte en moyenne 8 fois par jour et reste connecté 1 heure et demi. Ca paraît énorme, non ?
En fait, notre application a résolu une équation que tous les gays tentent de résoudre : qui d’autre est gay autour de moi ? Grindr aide les gens à se trouver, au sport, au bureau, dans la rue, au supermarché… Et puis l’application elle-même est très simple à utiliser.

Y a t il des membres Grindr partout dans le monde ?
Nous sommes présents dans 192 pays. Il nous manque 2 pays, Nauru et Tuvalu. Nous avons beaucoup de membres en Corée du sud par exemple, mais je pense que ce sont plutôt des soldats américains que des locaux. Mais nous avons des membres au Zimbabwe, en Iran, à Cuba, des pays pas forcément très favorables aux gays.

Justement, comment pensez-vous que Grindr vient en aide aux gays dans ces pays où ils doivent rester discrets, parfois pour leur survie ?
Je ne peux pas répondre précisément car je n’ai jamais été dans ces pays. Mais je sais qu’il n’y a rien de pire que de croire qu’on est seul au monde. C’est ce qu’on ressent souvent, avant de faire son coming out. Et voir qu’on n’est pas le seul gay, qu’il y a d’autres gays pas loin, ça donne énormément de force. On se sent beaucoup moins isolé.

A votre connaissance, l’application sert-elle uniquement d’application de rencontre ou bien les utilisateurs ont-ils développé d’autres usages ?
C’est une application pour se rencontrer, pas uniquement pour des rencontres d’un soir. Les gays aiment se rencontrer, c’est comme ça, on est un peu comme des frères, on cherche à vivre ensemble, à se retrouver en vacances ensemble, on veut constamment se faire de nouveaux amis. Donc Grindr sert aussi à ça, rencontrer de nouveaux amis.

Et qui sert aussi beaucoup en voyage non ?
C’est un outil indispensable pour voyager ! Si je pars en vacances dans un endroit que je ne connais pas, à qui je vais demander des conseils pour savoir où sortir ? L’idéal est de demander à un gay du coin. Et où sont les  gays du coin ? Sur Grindr ! Donc c’est aussi ça Grindr, une information en temps réel sur l’actu gay, par les locaux ! En voyage, les meilleurs moments sont ceux que l’on passe loin des sentiers touristiques classiques. Pour connaître ces endroits, il faut entrer en contact avec les gens sur place et c’est ce que permet Grindr.

Grindr mygaytrip.com map
Un instantanné des membres connectés à Grindr, le 3 juin 2012

C’est pour ça que vous avez créé les Grindr Travel Awards ?
Oui, c’était logique ! Nous avons voulu mettre en lumière les villes les plus gay-friendly, celles qui attirent les gays, auxquelles tu rêve quand tu réfléchis à tes prochaines vacances : New York, Miami, Rio de Janeiro, Sydney…. Je suis heureux aussi car Tel Aviv, ma ville natale, a été élue ville où les garçons sont les plus sexy !

Tel Aviv est une destination particulière pour vous ?
A mon avis, c’est la meilleure plage gay au monde ! Il n’y a 10 ans il n’y avait pas grand chose à faire là-bas. Mais aujourd’hui ca a tellement changé ! Les gens là-bas sont tellement ouverts, ils adorent les étrangers, les touristes. On a près de 10 000 utilisateurs à Tel Aviv.

Comment expliquez vous que vous soyez toujours N°1 sur votre marché 3 ans après votre lancement ?
La taille du réseau est la clé du succès. Si la promesse est que vous allez trouver des garçons proches de vous, il ne faut pas que le premier garçon soit à 30 kilomètres. Donc il faut avoir beaucoup de membres. C’est notre force, on est le plus gros réseau et le plus international.

Il y a une pièce de théâtre intitulée « Confessions d’un acrro à Grindr ». Vous pensez qu’on peut être accro à Grindr ?
Mais je le suis ! Ca a changé ma vie. Je suis connecté en permanence. Dès que je vais quelque part mais aussi quand je suis tout seul chez moi. Je passe énormément de temps sur Grindr, et c’est bien comme ça, ça permet de socialiser.

Certains vous reprochent d’avoir créé un outil qui permet aux gens de ne plus aller dans les bars pour draguer, et donc de participer à la disparition des établissements gay ?
Je ne suis pas du tout d’accord avec ça. Déjà, aller dans un bar gay n’est peut-être pas la meilleure façon de rencontre d’autres gay, mais ce n’est que mon avis personnel. Surtout, je trouve ce reproche injuste car par nature, Grindr oblige à se trouver là où il y a d’autres gays. Grindr est une application mobile ! Donc sortez, bougez, allez là où les autres gay sont, ne restez pas chez vous !

grindr mygaytrip.com new features
Copies d'écran des nouvelles fonctionnalités de Grindr © Grindr

A quand une nouvelle version ?
Très bientôt. Nous avons tout repensé techniquement, de A à Z, le nouveau Grindr sera donc beaucoup plus rapide. Nous avons ajouté des fonctionnalités. Nous avons par exemple créé des groupes (bears, jeunes, musclés etc.), ce qui permettra de chercher des garçons proches de mes goûts et proches physiquement. On a aussi ajouté de nouveaux filtres, comme l’appartenance ethnique ou la morphologie.

Vous prévoyez combien de membres à la fin de l’année ?
On a 10 000 nouveaux membres par jour, 300 000 par mois. On devrait atteindre les 5 millions en décembre.

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